12 juillet 2009

Caravan Palace

Festival Terres du Son

Monts

par Loïc Bousquet

Interview pour phOtOurs et Terres du Son
avec la participation de Céline Adhumeau

Caravan Palace c’est un mélange d’hier et d’aujourd’hui, une ambiance folle des années 30, la chaleur du swing et du jazz manouche aux inspirations de Django Reinhardt, le tout propulsé par un son électro bien d’aujourd’hui. Du Swing Manouche et de l’électro : de l’électro-swing. Caravan Palace est au swing ce qu’est Gotan Project au tango avec deux univers électro bien personnels. Un univers que Hugues, Carlos et Zoé vont tenter de nous faire découvrir.

Interview pour phOtOurs et Terres du Son
avec la participation de Céline Adhumeau

Caravan Palace c’est un mélange d’hier et d’aujourd’hui, une ambiance folle des années 30, la chaleur du swing et du jazz manouche aux inspirations de Django Reinhardt, le tout propulsé par un son électro bien d’aujourd’hui. Du Swing Manouche et de l’électro : de l’électro-swing. Caravan Palace est au swing ce qu’est Gotan Project au tango avec deux univers électro bien personnels. Un univers que Hugues, Carlos et Zoé vont tenter de nous faire découvrir.


D’abord, Hugues au violon, Carlos à la contrebasse et Arnaud à la guitare : des amis de longue date amoureux de jazz manouche et d’électro. Ensuite, Chapi à la clarinette, Toustou au trombone et aux machines et enfin la belle Zoé au chant. Racontez-nous un peu comment ce petit groupe de musiciens (et musicienne) s’est retrouvé et a décidé de monter sur scène ensemble ?

Carlos : Avec Hugues et Arnaud, on avait un groupe de jazz manouche, on jouait dans des bars pour se faire plaisir et on se faisait un peu d’argent dans des soirées événementielles. A côté de ça, on avait tous nos projets perso : électronique, techno, hip hop, etc… Et puis, on s’est dit pourquoi ne pas réunir tout ça dans un même projet. On a fait écouter le résultat autour de nous et on nous a encouragé à continuer.

Hugues : Il faut dire aussi qu’il y a eu une occasion sans quoi il n’y aurait jamais rien eu.

Carlos : En effet, mon frère travaillait sur un pilote d’émission sur des films porno des années 30. On s’était dit que ça serait marrant de faire un morceau un petit peu moderne avec cette petite teinte d’autrefois. Finalement, l’émission ne s’est pas faite mais finalement ce n’était pas grave.


Comme toujours il faut commencer par trouver un nom. Vous avez choisi Caravan palace, pouvez-vous nous dire d’où vous est venue cette idée ?

Hugues : A force, on a l’impression que ça parle de lui-même, Caravan Palace, l’électro-swing… mais il faut expliquer car ce n’est pas forcément évident pour tout le monde. Souvent, on choisit des noms par nécessité. Certains s’appellent «je ne sais pas comment m’appeler» ou «no name». Dans notre cas, il fallait trouver un nom mariant les deux univers de notre musique. On a discuté pendant une dizaine de jours, on a fait un brainstorming, comme on dit en entreprise, et finalement on a trouvé que Caravan palace c’était plutôt sympa.

Carlos : «Caravan» en hommage à un vieux standard de jazz du même nom et «palace» pour le côté night club. C’est plus tard que cela a pris tout son sens pour devenir complètement indissociable du groupe et de notre style de musique.


Un style mélangeant plusieurs styles, à la fois électro et swing mais chez les disquaires dans quel rayon préférez vous trouver votre album ?

Hugues : On préfère dans le rayon électro car on ne se sent pas jazzmen au sens technique du terme. On n’a pas la haute voltige que demande ce style de musique.

Carlos : En général, on est dans le rayon électro mais ce qui nous énerverait le plus c’est de se retrouver dans le rayon variété française ou pop rock.


Tout a commencé avec votre page MySpace, plébiscitée par de nombreux internautes, comme on dit : «vous avez fait un buzz», qu’est-ce qui vous a attiré vers les nouveaux outils du web pour faire connaître votre musique ?

Hugues : Au début, on a créé la page MySpace pour trouver une chanteuse et puis on a vu que c’était une bonne vitrine, sans rentrer dans la logistique sans fin d’Internet. En réalité, c’est plus par fatalité mais c’est ensuite devenu un avantage pour nous et cela nous a vraiment aidé. Sans pour autant nous éviter de perdre beaucoup de temps pour trouver une maison de disque. Finalement, on l’a trouvée six mois avant de faire notre premier album. Il faut dire que personne ne s’est précipité pour nous signer.

Carlos : Avant de trouver une maison de disque et avant de sortir le premier album, nous avions une marge de manœuvre très limitée. On n’avait pas vraiment de raison de faire de la publicité. Finalement, c’est le public qui a parlé de nous sur Internet et en particulier sur MySpace.

Hugues : Et puis, surtout, pour y arriver il faut un peu de chance, beaucoup de bonne volonté et tomber sur les bonnes personnes au bon moment.


Et puis, vous avez rencontré Zoé, la chanteuse du groupe, grâce à MySpace. Comment s’est passée cette rencontre artistique ?

Zoé : Je m’étais fait une page MySpace pour mettre mes morceaux en ligne en attentant d’avoir un site Internet, qui finalement n’a jamais vu le jour. De leur côté, ils cherchaient une chanteuse pour enregistrer les quatre derniers titres de leur premier album et ils sont tombés sur ma page. C’est Hugues qui a accroché sur un morceau que j’ai fait avec Anatone, un autre artiste local, qui s’appelle «Dolzina Party» et qui sonne un peu comme du Caravan palace. Ils m’ont contactée, j’ai écouté leur son, que j’ai trouvé super. J’ai remarqué que ce n’étaient que des garçons et je leur ai dit en rigolant que ça manquait de fille. C’est là qu’ils m’ont répondu que justement ils en cherchaient une. Finalement, on s’est rencontrés autour d’un boeuf à Paris dans un bar où ils jouaient et ça s’est bien passé. Ils m’ont invitée en studio pour faire des essais et ça s’est bien passé. Ils m’ont proposé de faire le live avec eux et ça s’est bien passé. Donc voila c’était un peu du hasard sans vraiment en être et depuis on ne s’est plus quittés.


Zoé, votre passage au festival Terres du Son va être un peu spécial pour toi, que ressens-tu à l’approche de ce concert dans ta ville natale ?

Zoé : C’est toujours plus dur de jouer devant des personnes que l’on connaît, on se met la pression à fond car on ne veut pas décevoir et on aurait envie que tout soit parfait mais on ne l’est jamais donc forcement cela crée une petite tension supplémentaire. Mais bon voilà c’est le jeu ma pauvre Lucette ! Je ne suis jamais allée au festival Terres du Son. C’est d’ailleurs assez terrible avec ce groupe je joue toujours dans des endroits où je n’ai jamais été spectatrice. D’une manière générale, j’évite les évènements où il y a beaucoup de monde, je pense que je ne pourrais y être que sur scène sinon cela serait trop flippant pour moi.


Le festival Terres du Son, comme beaucoup d’autres festivals, met en avant, avec ses moyens, le respect de l’environnement avec la mise en place des toilettes sèches, les verres sous consigne, les brigades de nettoyage… comment en tant qu’artistes voyez-vous cette démarche ?

Carlos : Moi je suis vraiment pour toutes ces initiatives.

Hugues : Mais non, dit que t’es contre pour changer !!! (rire)

Carlos : Non t’es naze !!! Les toilettes sèches c’est bien… mais c’est vrai que ce n’est pas du tout commode.

Hugues : Moi qui étais un grand festivalier pendant longtemps, le coup des gobelets consignés que les gens ne mettent plus par terre je trouve ça vraiment bien. Cela a radicalement changé l’environnement des festivals depuis deux ou trois ans. C’est largement moins crade. Et puis, l’air de rien les gens font de plus en plus gaffe à tout ça.


Après plusieurs mois de tournée, chacun commence à trouver sa place dans le groupe mais qu’est-ce qui fait que l’on devient un bon membre de Caravan Palace ?

Hugues : D’abord, il doit mettre son ego de coté, il ne peut pas y avoir de personne égocentrique dans le groupe. C’est quelque chose de très important. Et puis, surtout il faut être très disponible pour le groupe.

Carlos : On est six à avoir des idées. Il y a des grandes gueules mais pas de leader. Après, avec les trois premiers comme on a un peu créé le truc au départ dans notre petit studio, les autres nous écoutent un peu plus mais ils commencent petit à petit à donner aussi leurs avis.

Zoé : C’est compliqué parce que si tout le monde ramène son idée, on ne finit jamais les morceaux.


La tournée ne se limite pas à la France, l’Europe vous demande de plus en plus avec des dates programmées en Allemagne, en Suisse et en Italie. Comment voyez-vous l’avenir et comment vous voyez-vous dans dix ans ?

Carlos : Dans l’avenir proche, il y a quelques concerts qui nous attendent, après la tournée on va faire un deuxième album et puis après on verra la suite. On a tous des envies sur scène ou pas, chacun dans son coin ou pas. Il y a moyen que l’on soit encore là mais avec ou sans Caravan Palace, c’est difficile à dire.

Hugues : Cela va dépendre beaucoup des années Caravan Palace.

Zoé : Avant j’avais une idée très précise. Je me voyais bien tranquille, dans une petite maison en Touraine. Et maintenant, je cherche, je ne sais pas, je suis un peu perdue avec tout ça, avec tout ce qui nous arrive avec le groupe.


Merci à vous

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