Noof
Bergerac
Tours
par Loïc Bousquet
Plus connu en tant que clown vocal des Wriggles, Noof, seul sur scène, se livre à une véritable performance artistique et scénique. A la fois, clown, poète, «human beat box», chanteur a capella, il nous attire dans son univers personnel, aussi intime que drôle, aussi attachant que piquant. Nous voyageons dans son monde au gré de ses chansons et de leur mise en scène pour se perdre au plus profond de son imaginaire.
Plus connu en tant que clown vocal des Wriggles, Noof, seul sur scène, se livre à une véritable performance artistique et scénique. A la fois, clown, poète, «human beat box», chanteur a capella, il nous attire dans son univers personnel, aussi intime que drôle, aussi attachant que piquant. Nous voyageons dans son monde au gré de ses chansons et de leur mise en scène pour se perdre au plus profond de son imaginaire.
La première fois que j’ai vu Noof et Volo seuls sur scène, j’ai cru à la séparation des Wriggles, pourtant vous semblez réussir à maintenir l’unité du groupe, tout en réalisant des projets en solo.
Noof : C’est quelque chose qui est présent depuis le début et que j’ai toujours défendu. Avant les Wriggles, j’avais déjà participé à deux compagnies de théâtre, qui ont fini par péricliter, car c’étaient des groupes de personnes qui ne faisaient que ça. Je me suis alors rendu compte qu’il fallait aussi aller s’enrichir ailleurs, apprendre de nouvelles choses, prendre d’autres risques, sortir pour pouvoir mieux revenir.
Avec Noof, tu nous livres bien plus qu’un concert : une douce folie, une symphonie imaginaire, un rêve éveillé, un dessin animé réel.
Noof : Si je devais me limiter juste à un concert, cela s’appellerait «Stéphane en concert». Mais j’avais besoin de jouer un personnage. Sur scène, c’est Stéphane qui joue un personnage, qui s’appelle «Noof». Le fait d’utiliser un personnage, ça permet de brouiller les pistes et d’induire une certaine folie. Mais avoir une implication directe sur la folie peut être très périlleux, tout est une question de dosage.
Une folie qui ne laisse rien au hasard. Tout semble méticuleusement travaillé, pour nous amener à te suivre dans le monde, que tu as créé.
Noof : Dans le milieu du «beat box», j’ai trop souvent rencontré des gens avec une capacité extraordinaire, et qui te laissent sur le cul pendant les cinq premières minutes, mais au bout de la sixième, tu commences à t’ennuyer, parce qu’il ne se passe rien d’autre. Ma principale inquiétude est de tenir le public tout le long du spectacle. J’ai donc profité de mon expérience de comédien pour essayer d’attirer les gens tant par les yeux, que par les oreilles.
Pourtant, il y a un certain paradoxe dans ton spectacle, le public t’accompagne dans ton univers mais tu ne le ramènes jamais à la réalité.
Noof : Cela dépend comment j’ai fait le spectacle et l’état d’esprit des spectateurs. Mais si certains spectateurs se sentent complètement exclus, alors j’ai un peu perdu mon pari. Même si je ne me tourne pas obligatoirement vers les gens, même si je n’attends pas systématiquement qu’ils applaudissent, je suis toujours à l’écoute de leurs réactions. Mais, je cherche plutôt à attirer les gens vers moi, plutôt qu’à leur livrer directement quelque chose de tout prêt. C’est suffisamment abstrait pour que ce soit une réelle aspiration.
Tu sembles pouvoir prendre plus de risques avec Noof et faire vraiment ce que tu as envie de faire.
Noof : Si je peux m’offrir ce luxe, c’est parce qu’il y a la présence du groupe à côté. Parce que je m’en rends bien compte, que c’est un luxe périlleux. Je ne parle pas que du travail, il faut aussi financer tout ça. C’est un spectacle autoproduit et je pense que sans le groupe, j’aurais vite rejoint une production. Et puis, sans doute, sans une première réussite, quelle que soit son échelle, je me serais contraint à obtenir rapidement du résultat et donc je n’aurais pas les mêmes envies et la même manière de voir les choses.
Cette liberté peut aussi rendre les choses plus incertaines, et il devient peut-être difficile de prévoir ce que tu feras dans dix ans.
Noof : Ça sera peut être enfin les cheveux blancs, jusqu’ici j’y ai échappé… Je pense que je vais faire un bout de chemin avec Noof et voir jusqu’où ça va. La suite va dépendre de comment Noof va rencontrer le public. D’un autre côté, j’ai aujourd’hui 36 ans, et j’ai envie de refaire du théâtre et aussi de faire du cinéma. Je ne sais pas si je vais rester dans le domaine de la chanson, si je vais créer un spectacle pour enfants ou encore réaliser ce projet un peu fou de composer un opéra vocal.
En attendant, laissez-vous aspirer par «Commerce écoutable», le deuxième album de Noof.
Merci Noof




















