Réalta
Espace Culturel les Quatre Vents
Rouziers de Touraine
par Olivia Lenfant
Rêver les yeux ouverts, c’est quitter l’espace d’un instant, d’un temps mon univers. Partir à la découverte d’un groupe, de leur naissance à leur devenir, côtoyer leur passé, leur présent, leur futur et comprendre la forme, le rôle de leur musique, leurs confidences ainsi délivrées comprendre le monde qui nous entoure. Tonalité irlandaise, vent du nord, cap vers Réalta.
Rêver les yeux ouverts, c’est quitter l’espace d’un instant, d’un temps mon univers. Partir à la découverte d’un groupe, de leur naissance à leur devenir, côtoyer leur passé, leur présent, leur futur et comprendre la forme, le rôle de leur musique, leurs confidences ainsi délivrées comprendre le monde qui nous entoure. Tonalité irlandaise, vent du nord, cap vers Réalta.
Qui est Fred Fantaisie ?
Fred : Je suis chanteur, flûtiste et percussionniste.
Quand Réalta est-il naît et à quel endroit ?
Fred : En 1993, dans les pubs de Tours.
Que reste-t-il de des débuts ?
Fred : Il n’y a plus personne de l’équipe d’origine. Je n’étais pas là au début, je ne suis arrivé qu’en 1995. Depuis 2009, je reconstituais le groupe dans sa forme actuel;
Qui sont les autres membres du groupe ?
Fred : Jonathan Inizan à la guitare et Caroline Forestier au violon.
Que veut dire Réalta ?
Fred : Comète, étoile ou plutôt étoile filante. Le nom a été choisi parce qu’à ce même moment, on parlait beaucoup de la comète d’Alley qui était vraiment un événement.
Comment décrirais-tu Réalta ?
Fred : Comme un groupe dynamique, chaleureux et humain qui a produit deux albums en 1997 et en 2001, et qui outre les déplacements, conçoit qu’il devient urgent de produire un nouvel album, reflet du groupe actuel.
Qu’est-ce que la musique celtique ?
Fred : La musique celtique est souvent sur des modes anciens avec des mélodies assez simples et très prenantes. C’est assez dansant mais peut porter sur des thèmes très violents. On suit un personnage, son histoire et ses réflexions sur le petit soi au milieu de ce monde si grand.
S’agit-il plutôt d’un mélange de musiques bretonne, celtique ou irlandaise ?
Fred : On chante en français et en anglais mais pas en breton. Dans Réalta, l’origine irlandaise est plus marquée que dans d’autres groupes de musique celtique avec des balades ou des «rebel songs» (chansons de rebelles) car les chansons irlandaises marquent les rivalités entre Irlandais et Britanniques. Quant à l’influence bretonne, elle est marquée par les chansons de marins. Dans les «rebel songs» où le personnage est au cœur de la chanson, pris dans un chaos, dans des révoltes, dans des conflits politiques auxquels il adhère mais il n’a pas le choix. Par exemple, on a une chanson d’un jeune qui part au combat laissant sa bien-aimée derrière lui.
Connais-tu l’Irlande ?
Fred : Je ne connais pas l’Irlande du Nord. Je suis allé plusieurs fois en Irlande du Sud. Mais même à Dublin, la lutte et la résistance sont des notions très présentes. J’ai eu l’occasion de rencontrer un Irlandais qui à l’âge de 17 ans a été obligé de sauter par la fenêtre pour fuir et se réfugier en Irlande du Sud parce que l’armée anglaise était en train d’envahir sa maison pour arrêter son père et d’autres membres de sa famille. Le combat en Irlande est une révolte de famine. La famine liée à la crise de la pomme de terre appelée «the Potatoe Crisis» quand une bactérie ruina les récoltes conduisant à une famine sans précédent. L’économie de l’Irlande avant cette crise n’était pas florissante. Ces famines n’arrivent pas par hasard, elles ont été crées par la volonté britannique de créer une situation économique fragile.
Pourquoi Réalta s’engage-t-il ainsi ?
Fred : Ce n’est pas une prise de position politique, ce n’est pas une critique des Anglais, c’est la critique d’une situation, d’un pays qui décide d’envahir son voisin créant des situations économiques intenables qui font que les gens vont mourir de faim. L’annexion d’un pays s’est toujours faite dans la douleur mais là particulièrement, il y a eu un maintien dans la misère pendant sept siècles qui a fait que les Irlandais ont été perpétuellement obligés de fuir à cause de la déstructuration de leur économie. C’est être contre ce système.
Qu’est-ce que permet la musique ?
Fred : On cherche à transmettre des valeurs, à amener les personnes à réfléchir sur eux-mêmes et prendre conscience de son «moi». C’est aussi la quête de la distraction, c’est une musique très festive, et de communion entre les gens.
Que pouvons-nous vous souhaiter pour la suite ?
Fred : Pour l’instant, on fait beaucoup de scènes de mairies et de bord de mer dans les communes l’été. Suite à notre travail en résidence à Rouziers de Touraine, on a appréhendé de nouveaux placements ou positionnements sur scène les uns par rapport aux autres. Car ce type de scène offre un espace plus important où il faut pouvoir recréer une intimité. Cela va nous permettre de multiplier les possibilités de nous produire dans des salles en automne et en hiver.
Merci







